« Soldes », trio pour harpe, guitare électrique et fermetures éclaires amplifiées (2018)

Création par l’ensemble Besides en 2018 au Botanique, Bruxelles pour le festival Ars Musica

La pièce a fait l’objet d’une commande de l’ensemble Besides et s’inscrit dans son projet « Couture Sonore » autour de la couture et du textile. L’utilisation d’objets ou matériaux liés au textile en tant qu’instrument était une contrainte liée à la commande.

La pièce explore l’utilisation de fermetures éclaires et de son « grain » sonore en s’en inspirant pour les gestes et sonorités instrumentales. Le musicien « performeur » utilise une série de vêtements comme des pantalons, des shorts ou encore des chemises agrémentées de fermetures éclaires.

Le premier mouvement, sorte d’introduction, montre le musicien « performeur » s’habiller. La harpe et la guitare lui répondent en reprenant le jeu des fermetures éclaires (pantalon et chemise) le long des cordes, les trois musiciens finissent par se lancer dans un mouvement perpétuel affolé. Le fait « banal » de s’habiller est vu dans ce premier mouvement comme outil servant à cacher la nudité. « Jouer » avec la braguette d’un pantalon souligne cet aspect avec une certaine auto-dérision.

Le 2ème mouvement explore une sorte d’indécision face à un choix. Le « performeur » hésite entre trois chemises, les ouvre, les referme, sans jamais se décider. C’est une sorte de choix impossible face à une offre trop grande. La harpe et la guitare l’accompagnent, le contredisent, se laissent surprendre. Une certaine nervosité s’installe progressivement face à ce choix qui n’arrive pas à se faire.

Le 3ème mouvement suggère l’absurdité de surabondance poussée par une logique de consommation effrénée, absurde. Ici, ce sont plutôt la harpe et la guitare qui installent une sorte de climat serein, une mise en confiance, dans lequel le 3ème musicien vient enfiler une série de vêtements. La harpe joue un mouvement perpétuel tandis que le guitariste « caresse » les cordes en douceur. L’absurdité s’installe au fur et à mesure que les vêtements se superposent les uns aux autres sur le musicien jusqu’au ridicule, comme une sorte d’obésité, de boulimie vestimentaire. Les deux instruments excitent cette « boulimie » en augmentant la tension et l’angoisse à la fois par un jeu de mouvement perpétuel de la harpe et par un grain de distorsion de plus en plus présent à la guitare. Cette dernière finis par s’emballer en reprenant le mouvement perpétuel de la harpe sur le manche de l’instrument à l’image de l’aiguille d’une machine à coudre qui s’emballerait de manière incontrôlable. La pièce se termine dans une sorte de chaos de plus en plus nerveux et violent jusqu’à ce que le « performeur » n’arrive plus à rien enfiler sur lui.

Cette oeuvre a été écrite avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxeles.

Fabian Coomans

extrait du 2nd mouvement