Note d’intention

« … Un voyage a commencé en moi.
J’ai d’abord quitté la maison
il n’y avait pas de pain sur la table
il n’y avait pas d’eau
où y en avait-il ?
Le noir. … » (*)
L’être humain a toujours été en mouvement, migrant au gré des aléas de son environnement, des conflits, des imprévus, suivant son élan de vie. Dans un monde toujours plus dur, violent et clivant, on ne peut éviter les déplacements et l’exil des êtres.
Personne ne quitte ses racines, sa famille, ses amis, ne risque sa vie dans un voyage incertain sans nécessité impérieuse.
A travers la musique et la poésie, il est possible de reconnaître en l’autre l’être humain, quelque soit sa langue et sa culture.
C’est le voyage que proposent le pianiste Fabian Coomans et la comédienne Sarah Brahy au travers des mots de la poétesse iranienne Maryam Kamyab (A. Laila), de poètes de Gaza, et de la musique des compositeurs F. Cifariello Ciardi, M. Ohana et F. Coomans.
« L’étranger est à la fois proche et lointain.
Reste-t-il inconnu même si ses mots se révèlent ?
L’étranger est au-delà de ses mots, il est en nous, il fait partie du monde… » (**)
Musique :
Fabio Cifariello Ciardi : E tuo veder s’inluia pour piano et voix préenregistrée
Maurice Ohana : 3 Caprices pour piano
Fabian Coomans : Eden pour piano
Poésie :
Extraits de Murs innocents de Maryam Kamyab (A. Laila) (Iran)
Extraits de Que ma mort apporte l’espoir – Poèmes de Gaza
Voix : Sarah Brahy
Piano : Fabian Coomans
(*) Extrait de « Ombre au tableau » dans Murs innocents (**)Extrait de l’introduction du recueil Murs innocents, Maryam Kamyab (A. Laila)
Les recueils de poésies :
Murs innocents,
A. Laila et Jean-François Ravagnan, traduit de l’anglais par Milady Renoir
A. Laila.
Poétesse, écrivaine, chercheuse en sciences sociales, elle se considère comme une « voyageuse » entre l’espoir et la révolte. Dans son quotidien d’exilée, elle s’efforce de créer avec la vigueur de l’instant présent. Avec ses visages multiples et son esprit métissé, elle demeure une « enfant curieuse » de son époque.

Jean-François Ravagnan
Photographe et réalisateur, il traverse régulièrement les frontières avec la nécessité de perdre ses repères pour « regarder » à nouveau. Tel un carnet de note en image, son travail collecte au dos de chaque images le souvenir d’un espace-temps impossible à revivre.
Que ma mort apporte l’espoir – Poèmes de gaza
Sélection, traduction et préface de Nada Yafi. Postface de Karim Kattan.
Bouleversants de courage et d’humanité, les cinquante textes qui composent ce recueil témoignent de la force de la poésie, forme privilégiée de la culture arabe, et confirment que la vie finit toujours par l’emporter sur la mort : « Car nous aimons la vie, disait Mahmoud Darwich, poète emblématique de la Palestine, pour peu que nous en ayons les moyens. »

Édition bilingue arabe-français.
Nada Yafi, ancienne diplomate et interprète en arabe, a publié Plaidoyer pour la langue arabe (Libertalia, 2023).
Karim Kattan, écrivain palestinien né à Jérusalem, a notamment publié L’Eden à l’aube (Élyzad, 2024).
Les oeuvres musicales :
Fabio Cifariello Ciardi, E tuo veder s’inluia, pour piano et
électronique
« E tuo veder s’inluia » est une sorte de loupe sonore placée sur l’interview d’un réfugié syrien ayant fui la Syrie après avoir déserté l’armée. Le projet de l’œuvre est d’amplifier l’énergie et l’expressivité dans la prosodie de sa voix.
« e tuo veder s’inluia » qu’on pourrait traduire par « et ton regard se voile » ou « et ta vue s’obscurcit » nous renvoie à nos utopies humanistes, confortablement éloignés des
nombreuses tragédies de notre monde.
Maurice Ohana, 3 Caprices pour piano
Enterrar y callar
Cette pièce est un hommage à une série de gravures de Goya appelées Désastres de la guerre. Elle reprend le nom de l’une d’elle, Enterrar y callar (« Les enterrer et se taire »).
Hommage à Luis Milan
Le piano y est traité essentiellement sous l’aspect de sa résonance, c’est une pièce aux espaces lents, presque immobiles
Paso
Le titre fait écho aux Pasos, statues déplacées lors des processions de Semaine sainte, avec leurs Saëtas, courtes chansons religieuses et populaires improvisées.
Fabian Coomans, Eden pour piano
Eden est inspirée du second récit de la Genèse, des tragédies poussant les êtres loin de chez eux ainsi que de la crise de la gestion migratoire en Europe et ailleurs.
L’oeuvre émerge du silence dans un espace impalpable, à l’image de cette phrase de Saint Jean « Au commencement était le verbe… ». S’en suit une sorte de fugue désolée, très lente et immobile, résignée d’abord, puis de plus en plus agitée et révoltée pour évoluer vers une tension entre des éléments déjà passés et à venir, comme un élan de vie nous poussant vers l’avant. La pièce se termine dans un déchainement désespéré pour retomber soudainement au silence dans lequel de lointains échos suggèrent l’oubli, la
résignation ou au contraire l’apaisement.
Sarah Brahy est une comédienne belge, née à Charleroi en 1982. En 2004, elle termine avec succès le Conservatoire de Liège en Art Dramatique dans la classe de Jacques Delcuvellerie. Dès sa sortie, elle alterne travail de création et d’interprète. Elle joue entre autres pour Charlie Degotte, Carlo Boso, Isabelle Gyselinx, Céline Delbecq, Stéphane Arcas et ses propres créations ( La Cie Les 2 Frida). Sarah est également l’une des voix du doublage belge et apparaît régulièrement dans de petits rôles au cinéma. Elle est conférencière en art dramatique et écriture pour ARTS2 et l’INSAS.
