J’aime l’idée utopique de la polyphonie – donner à entendre plusieurs voix simultanément alors que le cerveau ne peut en conscientiser qu’une à la fois – et surtout sa mise en abîme, utopie de l’utopie, quand l’interprète doit, à lui seul, mettre en relief cette multitude afin de l’offrir aux oreilles de l’auditeur. Que dire alors de son extrapolation à la temporalité…
En serpentant le long de la frontière parfois ténue entre la polyphonie et le temps, je vous invite à arpenter les méandres de ces utopies au travers d’œuvres récentes et à vous glisser entre les voix et dans les interstices du temps.
Entendre des voix, vivre simultanément l’instant, son « avant » et son « après », c’est le fil du funambule qui nous invite à risquer l’irréel, le voile translucide qui sépare l’utopie de la folie.
F. Coomans
Pièces proposées :
- Piano Phase, S. Reich. Interprétation solo sur deux pianos ou sur un piano digital simulant 2 pianos.
- Automne à Varsovie, G. Ligeti.
- Luftklavier, Encore n°6, L. Berio
- Musica Riccercata n°7, G. Ligeti
- Etude n°4 « Eventail », L. Pigeolet
- Eden, F. Coomans
Optionel (liste en constante évolution) :
- Série Blanche, pour piano et bande de P. Jodlowski
- Une création
- Une fugue de J-S. Bach
- Désordre, G. Ligeti